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CENTRE D'EXPOSITION DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL — "ARCHITECTURES PHOTOGRAPHIÉES" — 16 novembre au 17 décembre 2006

Le travail de Marc Cramer est tout à fait singulier. Ses photographies, bien que représentant des œuvres architecturales, se détournent de la stricte description visuelle de leur sujet pour se concentrer sur des détails tectoniques et plastiques qui, selon l’artiste, sont les bijoux invisibles de ces grandes constructions. Marc Cramer procède par décomposition de l’image, se dégageant du référent et du poids figuratif de celle-ci, pour reconfigurer une composition abstraite qui se donne alors à voir, en tant qu’image, comme une œuvre autonome. L’exposition présente plus de 60 photographies. Elle est accompagnée de notes de travail et d’une projection restituant la dynamique du déplacement de l’artiste dans les édifices visités et photographiés

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CENTRE D'EXPOSITION DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL — "ARCHITECTURES PHOTOGRAPHIÉES" — 16 novembre au 17 décembre 2006

The work of Marc Cramer is unique. His photographs do not simply depict buildings. They avoid simple visual descriptions of the subject matter and instead focus on the tectonic and plastic details, which according to the artist are the invisible gems of these large constructions. Cramer decomposes the image of the buildings, and disengages from their figurative and referential weight in order to reconfigure an abstract composition that becomes in and of itself an autonomous work of art. The exhibition presents over sixty photographs along with the artist’s working notes. There will also be a projection describing the dynamic nature of the artist’s journey within the buildings visited and recorded through photographs.


"Ces photographies sont avant tout des images. Elles se présentent comme des peintures, un peu à la manière de celles de Richard Diebenkorn, notamment sa série Ocean Park. Comme images, elles ne traduisent pas l’espace et le temps de l’architecture. Rien de semblable au réel. Comme l’écrit Claude Esteban à propos des peintres, «l’image est moins un miroir sur le bord du sensible qu’une concentration d’énergies, un réceptacle de forces soudain appréhensibles sous les espèces de la ligne, de la forme, de la couleur, déjouant ainsi les catégories habituelles, immédiatement perçues, de l’espace et du temps». Cependant, ainsi que Marc Cramer aime à le souligner lui-même, si cette démarche de l’œil prend pour objet l’œuvre des architectes, pour la détourner, la transformer, il y a aussi convergence entre la création du photographe et celles des architectes. Le temps, qui prend lieu dans l’image, dialogue en quelque sorte avec l’espace inscrit dans la durée de l’architecture.

Quatre autres projets nous sont présentés en cascade d’images projetées. Ce sont : le Complexe des sciences Pierre-Dansereau de l’UQAM, la Bibliothèque municipale de Châteauguay, le Centre hospitalier Honoré-Mercier, le Communication, Culture and Information Building de l’Université de Toronto. Dans ce cas, pour Marc Cramer, c’est le temps de la projection qui accueille celui des images. Celles-ci sont traversées à l’occasion par nos propres ombres, feutrées et immatérielles, comme celle du photographe. La magie de la lumière, qui rappelle celle du cinématographe à ses débuts, brise la limite du réel et du virtuel. Sommes-nous sur l’écran qui n’est qu’un fond de tableau ou sommes-nous dans l’image projetée? L’effet du trompe-l’œil est bien voulu; c’est une illusion sans illusion, car ce qu’il livre à l’œil est exactement une image. Ainsi ces architectures photographiées de Marc Cramer constituent plus qu’une contribution importante à la célébration d’une architecture québécoise en pleine vitalité. Ce sont aussi des œuvres photographiques autonomes, fortes et originales, «une invention du sens au travers les signes».

Georges Adamczyk